• A4 Avant g-tron
    A4 Avant g-tron

    Consommation de carburant (mixte)*: 4.3–3.8 l/100 km CNG | Benzin 6,5–5,5 l/100 km

    Émissions de CO₂: 117–111 g/km CNG | Benzin 147–139 g/km

    L’Audi A4 Avant g-tron de l’année-modèle en cours (2018) est en rupture de stock et ne peut donc plus être commandée. Vous trouverez des véhicules d’occasion du modèle actuel chez votre partenaire Audi.

  • A5 Sportback g-tron
    A5 Sportback g-tron

    Consommation de carburant (mixte)*: 4.3–4.1 l/100 km CNG | Benzin 6,4–6,1 l/100 km

    Émissions de CO₂: 115–111 g/km CNG | Benzin 147–139 g/km

    L’Audi A5 Sportback g-tron de l’année-modèle en cours (2018) est en rupture de stock et ne peut donc plus être commandée. Vous trouverez des véhicules d’occasion du modèle actuel chez votre partenaire Audi.

  • Modèles Audi g-tron

To Tokyo

«Je ne separe pas, je fragmente. Comme sur une feuille sans lignes. Parfois, les notes fourmillent, parfois elle se désagrègent dans l’espace. Sans limites, l’espace se brouille.»

Texte: Roland Hagenberg, Photo: Martin Holtkamp, Iwan Baan, Felix dol Maillot

Pour se rendre chez l’architecte star, il faut passer par l’ascenseur d’un relieur.

La porte métallique s’ouvre dans un bruit de ferraille. Une odeur d’encre d’imprimerie flotte dans l’air. Nous nous engageons ensuite dans un escalier raide et étroit, et nous voici en plein atelier. Concentrés et serrés, assis devant leur écran, les collaborateurs défendent, sur de petites tables, le peu de sphère privée qui leur reste: blocs en polystyrène, boîtes en carton et pièces de maquettes. Bienvenue dans l’atelier architectural de Sou Fujimoto.

Comme s’il pouvait lire dans nos pensées, le Japonais nous explique, en nous accueillant, que la «sphère privée» est un concept très américain. «Nos édifices traditionnels n’avaient aucune démarcation, les portes étaient faites en papier, chacun pouvait s’entendre, se voir, se sentir. Il n’était pas dans nos habitudes de nous retirer, de nous isoler. Cette tendance est apparue seulement après la Seconde Guerre mondiale.» Nous prenons place devant une maquette en bois qui s’élève jusqu’au plafond. Une version habitable à taille humaine se dresse dans le quartier Koenji, à Tokyo. A partir de ce point, nous voulons nous lancer dans une virée-découverte avec notre Audi Q2 et découvrir les constructions futuristes. Sou Fujimoto l’a aussi, comme la plupart de ses créations, baptisée par des lettres qui représentent les initiales du donneur d’ordre: House NA. «La parcelle était typiquement japonaise. Un petit lopin de terre au cœur de la jungle urbaine», explique l’architecte de 46 ans. «Les propriétaires, un jeune couple, vivaient auparavant dans des espaces bien définis: entrée, cuisine, salon et chambre revêtus de tatamis. Ils voulaient échapper à ce carcan. Couchettes et dévers, librement reliés et répartis sur différentes plateformes – telle était ma solution.» Dans les boîtes de verre empilées les unes sur les autres de la House NA, les habitants trouvent, en fonction de leur humeur, le coin idéal pour lire, manger, dormir, travailler ou écouter de la musique. Des niches, des renfoncements et des angles qui changent en continu permettent une vie transparente tout en fluidité, en transit, comme Tokyo. Le fait que la métropole ne dispose pas de noyau central est justement ce qui la fait avancer. Cette agglomération recensant 38 millions d’habitants compte effectivement plusieurs centres et leurs gratte-ciel: Shinjuku, Shibuya, Shinagawa, Ikebukuro, Ueno, pour ne citer qu’eux. Un système de transport dense les relie en traversant un océan encore plus dense de maisons... en bois. La plupart de ces constructions familiales de deux ou trois étages ont une durée de vie d’environ 30 à 40 ans seulement. Ensuite, elles sont démolies, laissant le champ libre à une nouvelle génération. Souvent, les héritiers sont en défaut de paiement, car l’impôt sur les successions est élevé. Ils décident alors de vendre leur parcelle. Ainsi, les fondations des villes japonaises deviennent toujours plus petites, toujours plus étranges. Il n’est pas rare qu’un édifice de douze étages ne fasse que quatre mètres de large et qu’il se termine en pointe dans la longueur. Ici, les spécialistes de la branche grandissent avec ce défi, doivent toujours compenser le manque d’espace par de la créativité, ce qui, peut-être, explique pourquoi l’architecture nippone contemporaine des dernières décennies a tant attiré sur elle l’attention internationale.

Sou Fujimoto, 46 ans

Né au nord du Japon, en pleine nature, il voulait devenir physicien. Mais lorsqu’il découvre son véritable talent, Sou Fujimoto déménage à Tokyo et étudie l’architecture. Pourtant, il continue d’admirer Einstein ainsi que les arbres. Ceux-ci fournissent les thèmes conducteurs à l’origine de ses constructions futuristes: ouverture, légèreté, diversité.

Vers Sou Fujimoto

Les thèmes favoris du grand maître Toyo Ito sont la liberté, le contrôle et la délivrance.

«Bien entendu, je souhaite que mes bâtiments soient sûrs, mais les directives en matière de construction brident la créativité. Ne pas dépendre des normes et des attentes est pour moi un principe fondamental. Je veux que mon architecture libère les individus de leurs chaînes, les aide à se détendre, les inspire.» Un jour, Toyo Ito a dit des constructions de Sou Fujimoto qu’elles éveillaient le même sentiment que celui de grimper jusqu’à la cime d’un arbre. Terunobu Fujimori, célèbre pour ses cabanes dans les arbres, appelle Sou Fujimoto «kohai», la désignation élogieuse d’un élève particulièrement dévoué à son «senpai», son maître. Rien de plus logique que le «kohai» Fujimoto aime parler de la forêt: «Les arbres ont besoin de leur zone de confort personnelle mais sans s’isoler. Les branches, les feuilles et les broussailles leur sont d’une aide précieuse. Je fais de même dans mon architecture. Je ne sépare pas, je fragmente là où les limites s’estompent et se rejoignent.»

L’immeuble commercial de trois étages conçu par Sou Fujimoto, le «Omotesando Branches», est ainsi un treillis architectonique de branches. Il ne se trouve qu’à un pas de la boutique Tod’s réalisée par Toyo Ito, dans une ruelle. Des arbres, répartis sur toute la façade, croissent dans des cadres métalliques. Les larges contre-fiches symbolisent les troncs. Ainsi, les pourtours de l’immeuble ne sont pas très clairs et entourent une pièce qui paraît accueillante, protectrice et familière. Sou Fujimoto a grandi à l’autre extrémité du Japon, sur l’île d’Hokkaido, au nord, en pleine nature, au cœur de montagnes imposantes. «Je suis venu à Tokyo il y a seulement 20 ans. Un univers complètement différent. Ici, tout est à la fois chaotique, artificiel et organisé. Dès ce moment, mon architecture a toujours puisé son inspiration dans le contraste ville/campagne. Malgré l’enchevêtrement de béton, de métal, de verre et de bois, je me promène dans la métropole comme si j’étais dans la forêt.» Les motifs à l’origine de l’usure de Tokyo sont étrangers à Sou Fujimoto. Mais il voit que l’ordre règne dans la multitude de couches qui façonnent la ville. Il s’agit du droit des successions comme de la ponctualité du métro, des constructions parasismiques comme de la discipline qui empêche quiconque de laisser tomber quoi que ce soit par inadvertance sur le trottoir. Sou Fujimoto appelle ce paradoxe «l’harmonie désordonnée».

A Kyushu, une île du sud de l’archipel, Sou Fujimoto prouve que l’on peut très bien vivre isolé, tout en étant ouvert sur l’extérieur, comme dans la House N.

Nous poursuivons notre route pour rejoindre un complexe de cinq maisons minuscules, comme si des enfants les avaient empilées en jouant.

Chaque unité se compose d’une chambre, accessible via un escalier métallique à l’extérieur. Cette fois-ci, l’architecte n’a pas baptisé sa construction avec des lettres, mais «Tokyo Apartments». Il aurait été difficile de mieux exprimer visuellement, et avec autant d’humour, la promiscuité de la ville. En moyenne, 13300 individus vivent, à Tokyo, sur un kilomètre carré. A Munich, ils ne sont que 4700. Malgré tout, les Japonais considèrent leur capitale comme un village, un salon commun tourné sur l’extérieur. On peut se balader dans le quartier en famille, déambuler à travers les centres dédiés aux jeux vidéo avec d’autres passionnés, longer les immeubles et les villas, les cafés internet, les cubes minimalistes, les bars minuscules, les centres commerciaux, les échoppes à soupe de nouilles, les viaducs, les canaux et les boutiques stylées. Et lorsque autels et temples s’immiscent et attendent patiemment, ils confirment ainsi la position spéciale de Tokyo dans l’univers moderne du 21e siècle: à l’extérieur, le changement est permanent, tandis que les valeurs intérieures et traditionnelles restent immuables. Serait-ce l’avant-garde et l’observation de ce qui n’a jamais existé, associé à l’impossibilité de tourner le dos à ses racines, qui déterminera l’architecture de demain? Et pas seulement au Japon?

Elle ne rentre dans aucune case, mais dans les places de stationnement des maisons minuscules de Tokyo: l’Audi Q2, le SUV le plus compact proposé par Audi, présente un caractère indépendant et urbain, doté d’un langage stylistique inédit. A son bord, on découvre son espace intérieur pour partir à l’assaut des espaces extérieurs.

Dans le quartier de Shinjuku, nous longeons un bâtiment qui ne fait que trois mètres de large. Il s’appelle «split machiya», la maison de ville divisée, une création de l’équipe d’architectes Atelier Bow-Wow. Yoshiharu Tsukamoto et Momoyo Kaijima l’ont conçue pour un couple comme s’il fallait circonscrire, dans une station spatiale étroite, le risque d’un divorce entre les astronautes. Un cube de béton forme le sous-sol qui supporte deux étages en bois et sert parallèlement d’entrée, de vestiaire et de salle de piano. Le mobilier est chiche pour éviter que les pièces ne paraissent plus étroites. Les escaliers revêtus, sur le côté, d’une plaque de cuivre, reflètent le mini-jardin, l’intègrent optiquement dans la maison et garantissent une lumière douce. Les toilettes se cachent sous les marches. Leur entrée est astucieusement camouflée en armoire. L’humour, et non les matériaux seulement, peut aussi transmettre la légèreté.

«Ma formation à l’université a débuté par les maîtres européens.»

Le Corbusier et Mies van der Rohe ont jeté les bases de ce que deviendrait, plus tard, le développement de ma propre architecture», explique Sou Fujimoto. «Ensuite, j’ai avancé à tâtons vers les architectes contemporains. Et j’ai trouvé l’approche de Kenzo Tange – à l’origine des tours surprenantes de la mairie de Tokyo – fantastique: définir la modernité japonaise à l’aide d’un design traditionnel.» Compte également parmi les modèles de Sou Fujimoto Ryue Nishizawa, le partenaire de Kazuyo Sejima. Ils dirigent ensemble le bureau d’architectes SANAA. «Pour moi, le furoshiki est l’incarnation de la fonctionnalité et de l’esthétisme japonais... et un symbole de mon type de construction», explique Ryue Nishizawa. Le furoshiki a l’apparence d’un mouchoir, mais son nom signifie serviette de bain. A l’ère Nara, il y a 1200 ans, lorsque les Japonais allaient se détendre aux bains publics, ils emballaient leurs vêtements dans un furoshiki. Le morceau d’étoffe ne dispose ni de poignées ni de boutons, de poches latérales ou de fermetures éclair. Aujourd’hui encore, il sert de sac universel ou d’emballage pour les cadeaux ou les bentos. «Un objet multifonctionnel ingénieusement réduit à l’essentiel. Néanmoins, seulement lorsque les extrémités des tissus sont nouées», précise Ryue Nishizawa. «Mon architecture fonctionne de la même façon. Les murs et les toits sont importants, certes, mais l’essence de mes constructions vit des associations, là où, à l’extérieur, habitat, nature et monde se réunissent.» Pour saisir ses propos, nous nous rendons à Hatchobori, derrière l’élégant quartier de Ginza, où Ryue Nishizawa a érigé, entre deux immeubles, son «Garden and House». Cinq étages de béton regroupés par un escalier en colimaçon. Quatre mètres de large, huit de long, nichés entre deux immeubles de bureaux. La terrasse y est percée et chargée de pots de plantes. Les parois sont en verre. Derrière ces murs vivent deux romancières.

«L’AVENIR DE L’ARCHITECTURE EST ARCHAIQUE.»

Mais les concepts d’espace japonais, même futuristes, ont-ils un sens au-delà du Royaume insulaire? «Pour mon projet ‘Mille Arbres’, je me rends actuellement à Paris tous les 15 jours. J’ai remarqué que la capitale française et Tokyo avaient beaucoup de points communs», déclare Sou Fujimoto. «De grands boulevards cachent des ruelles désordonnées. La cuisine japonaise est savoureuse à Paris aussi, et la cuisine française est bonne au Japon, sinon meilleure!» Sou Fujimoto sourit en levant sa tasse à espresso, geste d’une grande éloquence. «Ici commence le jeu entre proportions et harmonie. La table doit être assortie à la tasse. Puis à la pièce. Ensuite à la rue et à la maison en vis-à-vis, celle à la façade ornée et, enfin, à l’immeuble locatif imposant. L’harmonie se poursuit sans cesse. Peut-être qu’elle ira même jusqu’à un aéroport sur la lune. Quels que soient les concepts que nous développons pour l’avenir, si les proportions sont mauvaises, la construction sera un échec. Même si nous nous cloisonnons, nous retirons, nous isolons et soutenons cet état d’esprit par le biais de l’architecture.» Alors, Sou Fujimoto se rappelle l’époque où il a construit, à Hokkaido, un hôpital pour enfants handicapés. «J’ai remarqué qu’ils avaient besoin de niches pour se retirer lorsqu’ils ont des problèmes mais que, depuis leur cachette, ils voulaient suivre les événements du monde extérieur. Cela vaut pour tout le monde, mais les adultes n’aiment pas l’admettre.»