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To Boston

Il existe de nombreuses approches visant à ameliorer la qualité de vie. La solution ne dépend pas uniquement d’un plus grand nombre de capteurs ou de plus de logiciels.

Texte: Steffan Heuer | Photo: Katharina Poblotzki; Robert Grischek

Boston prouve que le thème de Smart City englobe bien plus que la mobilité. Idée après idée, projet après projet, il s’agit d’inciter les citoyens à participer et à réfléchir. Pour le bien-être de la communauté.

Les parcmètres de Seaport, à Boston, jouent la sophistication: leurs capteurs surveillent près de 600 places de stationnement pour adapter le tarif à la minute selon l’occupation, le jour de la semaine et l’heure. Quelques kilomètres plus loin, à Back Bay, la ville tente de maîtriser le problème du stationnement avec une méthode complètement différente. Un programmeur déambule chaque jour, tablette en main, dans les quartiers résidentiels et note non seulement quelles places sont occupées sur les 1650 disponibles, mais aussi le nombre de conducteurs au bénéfice d’une autorisation de stationnement pour résidents et les personnes qui paient par carte ou par mobile. Les lots de données atterrissent dans une app qui permet au conducteur de trouver plus rapidement une place de parc.

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Kris Carter et Nigel Jacob sont les têtes pensantes de MONUM, l’une des autorités les plus insolites des Etats-Unis.

«La réponse ne réside pas dans un plus grand nombre de capteurs ou davantage de logiciels», déclare Nigel Jacob, l’un des deux chefs de l’autorité la plus surprenante d’Amérique. «MONUM», ou Mayor’s Office of New Urban Mechanics, est le nom de l’équipe composée d’une dizaine de spécialistes – d’économistes et de sociologues à la conceptrice de jeux. Les ouvriers post-industriels ont travaillé, depuis 2010, à plusieurs centaines de projets – du parcmètre intelligent aux tentatives insolites de mettre en contact seniors et jeunes habitants dans l’objectif de résoudre le problème de l’habitat accessible à tous. MONUM essaie de promouvoir rapidement les projets prometteurs. «Nous voulons créer une culture urbaine de l’innovation et nous faire l’incubateur de la ville, qui nous utiliserait comme laboratoire», explique Kris Carter, le collègue de Nigel Jacob. «On peut comparer notre tâche à celle d’un mécanicien, car nous mettons vraiment la main à la pâte, de la mobilité de demain aux questions d’équité sociale. Lorsque l’on parle de fluidité du trafic, on ne devrait pas uniquement penser aux apps de stationnement ou aux tests réalisés avec des véhicules autonomes, mais plutôt se demander si les seniors ont peur de s’engager dans un carrefour. Dans ce type de réflexions, chacun peut et doit participer.» L’équipe de Carter, en collaboration avec des concepteurs de jeux d’une haute école locale, a développé des programmes qui permettent aux citoyens de donner leur avis en matière d’urbanisme de façon ludique.

Boston est, après la Silicon Valley, la deuxième meilleure adresse des Etats-Unis question densité des universités d’élite, d’entrepreneurs ambitieux et d’investisseurs prêts à prendre des risques, quand il s’agit de vouloir dessiner ensemble l’urbanisme de demain:

Boston University, Harvard, Massachusetts Institute of Technology (MIT) et près de 100 hautes écoles et universités spécialisées dans la technologie de l’information et la biotechnologie.

Sens du commerce et curiosité sont perméables et littéralement palpables. La ville portuaire se veut un mélange photogénique d’architecture coloniale préservée et de gratte-ciel modernes. Mais le vaet-vient pose aussi des problèmes. Les habitants peuvent témoigner des bouchons récurrents dans les rues étroites du centre-ville, comme sur les autoroutes et dans les nombreux tunnels permettant d’accéder à l’aéroport. Boston a toujours joué un rôle de précurseur s’agissant de concepts de mobilité. En effet, la première ligne de métro d’Amérique y était inaugurée en 1897. «Boston compte à l’évidence parmi les principales villes qui testent les approches de Smart City, surtout en impliquant les citoyens. La ville mise sur le crowdsourcing pour inciter les individus à participer», estime Carlo Ratti. L’architecte italien est directeur du Senseable City Lab au MIT. Si dans le monde on devait choisir une seule adresse en termes d’innovations dédiées aux villes vivantes de demain, ce serait son laboratoire à Cambridge, une petite ville voisine de Boston, de l’autre côté de la Charles River. Pour le professeur du MIT, l’effet profond que génère la réflexion au sujet des Smart Cities ne fait aucun doute. «Internet a assis sa position dans notre univers et poursuit son évolution sous forme de l’internet des objets. Cela nous permet d’aborder notre environnement sous une perspective inédite. Les bâtiments et les villes entières s’adapteront mieux à nous», telle est la vision de Carlo Ratti. Et d’ajouter: «La technologie concrétise toutes ces réflexions, mais elle n’est qu’un instrument parmi tant d’autres visant à améliorer la qualité de vie.»

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A Cambridge, les idées peu conventionnelles pullulent.

Thomas Matarazzo, par exemple, a eu l’idée simple mais ingénieuse de recourir aux millions de pendulaires pour mieux surveiller les infrastructures urbaines. Les smartphones des automobilistes doivent générer une image en direct de chaque pont. Au lieu de limiter les contrôles de ce type d’ouvrages à une fréquence de deux ans, il a développé une méthode permettant de filtrer un profil de vibration individuel à partir de milliers de trajets quotidiens sur chaque pont fréquenté des grandes villes. L’accéléromètre de tout téléphone moderne remplace les capteurs stationnaires et onéreux. «Une app mobile est moins précise mais permet d’identifier les écarts par rapport aux oscillations normales d’un pont», a expliqué Thomas Matarazzo après les premiers tests réalisés à Boston. Si suffisamment de citoyens partagent une partie de leurs trajets, le crowd-sourcing pourrait garantir rapidement un surplus de sécurité à bas prix. Il faut savoir que quelque 200 millions de véhicules traversent chaque jour un pont aux Etats-Unis. Un conducteur sur cent suffirait donc à déterminer une empreinte numérique fiable d’un ouvrage. «Le téléphone mobile n’est qu’un début», souligne Thomas Matarazzo, les yeux brillants. «Les véhicules autonomes disposeront de bien plus de capteurs pour mesurer leur environnement urbain. Par conséquent, la phase suivante de la mobilité donnera vie à une multitude de nouvelles possibilités.»

Les fondatrices de soofa, Sandra Richter et Jutta Friedrichs, ont déjà fait le pas de l’univers académique à celui des start-up. Les deux Allemandes développent des meubles de rue censés réunir les citoyens. Leurs bancs sont déjà installés dans 75 villes, d’Austin à Los Angeles, dont 40 à Boston. Vu que les bancs disposent de leurs propres cellules photovoltaïques, les passants peuvent recharger leur smartphone via le port USB intégré... et en profitent pour faire un brin de causette. «Certains nettoient même régulièrement les cellules photovoltaïques des bancs de quartier, ce qui indique que la technologie au service d’une ville moderne doit toujours inclure une composante sociale», explique Sandra Richter. Mais l’intérieur de ces bancs recèle une technique dernier cri: des capteurs interrogent leur environnement à la recherche d’adresses MAC et les associent de façon anonyme, pour que les urbanistes puissent observer, au fil du temps, quelles places ou quels parcs sont fort fréquentés et, le cas échéant, requièrent plus d’entretien. Et leur prochaine innovation dédiée à l’espace urbain a déjà vu le jour: le soofa Sign est un panneau d’information de grand format, qui approvisionne les citoyens avec des nouveautés très locales, des actualités sur le trafic et de la publicité. Les communes, les entreprises de transport et les clients commerciaux peuvent gérer chaque panneau par app.

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